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Le poulpe, ou pieuvre, comme les autres céphalopodes (la tête sur les pieds), seiches ou calmars, fascinent depuis l’Antiquité, par leurs yeux et par leurs bras ornés de rangées de ventouses. Très tôt il a servi de motif décoratif et a eu mauvaise réputation, sous forme du kraken, gigantesque pieuvre issue des légendes scandinaves, réputée capable de tirer des navires au fond. Contrairement au calmar géant, aucune trace de kraken n’a jamais été mise en évidence. Le poulpe commun lui peut arriver à peser 2-3 kg. On le rencontre de 0 à 100 mètres. Il vit dans des trous de roche ou des terriers. Il est difficile de le sortir d’une fissure. Ce comportement le protège des prédateurs comme le mérou, le congre et la murène.

C’est leur 8 bras qui a fait que les quelques 200 espèces connues ait été rassemblées dans la famille des octopodidés. On trouve Octopus vulgaris aussi bien dans les eaux tempérées que tropicales ou subtropicales. Seules les eaux très froides en sont dépourvues. En Méditerranée la pieuvre commune est le plus gros octopode, avec Callistoctopus macropus, la pieuvre tachetée, dont les bras sont plus longs et plus fins.

Carnivore, il chasse surtout des crustacés, mais aussi des mollusques et parfois des poissons. Très glouton, il peut attaquer plusieurs crabes avant d’en n’avoir fini de consommer aucun. La bouche, armée d’un bec corné, s’ouvre entre ses bras. Mais comme tous les mollusques, embranchement auxquels le poulpe appartient, une radula permet de poursuivre le travail du bec qui a fracassé les carapaces ou les coquilles, et de réduire les proies en bouillie pour être avalées.

Le poulpe rampe le plus souvent sur le fond, mais se propulse aussi en pleine eau, à réaction, nageant à reculons en projetant violemment de l’eau par son siphon. C’est également par ce siphon qu’il projette de l’encre pour détourner/effrayer un prédateur potentiel et en profiter pour s’enfuir et se dissimuler. Le poulpe est capable de modifier l’aspect de son corps (lisse à verruqueux, en dressant plus ou moins haut des papilles). Pour peaufiner son pouvoir mimétique, guidé par sa vue, il contrôle l’expansion ou la contraction de sacs de pigments contenus dans des cellules spécialisées de sa peau, les chromatophores. D’autres cellules de la peau, les iridophores, permettent de démultiplier sa palette de couleurs. Ces changements extrêmement rapides de couleurs lui permettent aussi de prendre des aspects interprétés comme pouvant effrayer un assaillant. C’est aussi une capacité utilisée pour pendant la pariade. Lors de la phase ultime, un accouplement pouvant durer des heures, le mâle dépose des spermatophores dans le corps de la femelle, grâce à un bras transformé, le bras hectocotyle. Les œufs sont fixés sur le fond ou au plafond d’une anfractuosité et sont oxygénés par la femelle. L’incubation dépend de la température de l’eau, elle dure environ 1 mois. De petits poulpes nageurs éclosent. Les survivants deviendront rapidement benthiques. La femelle ne s’alimente pas pendant qu’elle surveille sa ponte, et meurt une fois les œufs éclos. Le mâle survit rarement plus de quelques mois après l’accouplement. Ils ne dépassent guère 3 ans.

Ces comportements complexes sont possibles grâce à un système nerveux sophistiqué muni d’un cerveau (résultat de la condensation des ganglions typiques des mollusques) qui contrôle en particulier les yeux. Les bras sont innervés par d’énormes cordons nerveux composés en partie d’une couche ganglionnaires, sur toute leur longueur. De plus, chaque ventouse possède son propre ganglion. Cette structure donne au bras une remarquable autonomie vis-à-vis des centres nerveux supérieurs.

Dans une certaine mesure, il est possible de conditionner un poulpe, par apprentissage.

Expert scientifique: Jean Pierre Féral (IMBE)